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RDC : l’économie en danger ? Des milliers de tonnes d’uranium auraient quitté le pays vers la Chine via les exportations de cobalt

Publié le : 05/08/2026 à 09:55
Economie

Une enquête conjointe de Lighthouse Reports, du Financial Times et du Monde affirme qu'entre 2 000 et 5 000 tonnes d'uranium auraient été exportées de la République démocratique du Congo vers la Chine entre 2000 et 2024, mélangées à des cargaisons d'hydroxyde de cobalt. Ces conclusions s'appuient sur un mémo confidentiel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) datant de 2009, des documents internes d'entreprises minières ainsi qu'une étude scientifique publiée dans la revue Nature Communications.

 

Selon les auteurs de l'enquête, l'uranium serait présent comme sous-produit naturel dans plusieurs gisements de cobalt du Katanga. Les chercheurs estiment que les volumes exportés auraient pu atteindre un niveau suffisant pour alimenter un réacteur nucléaire de grande capacité pendant plusieurs années. Toutefois, l'enquête précise qu'elle ne permet pas de déterminer si cet uranium a été récupéré ou utilisé par la Chine, ni à quelles fins.

 

Le site minier de Tenke Fungurume Mining (TFM), l'un des plus importants producteurs de cobalt du pays et propriété du groupe chinois CMOC, est particulièrement cité. Des documents internes consultés par les journalistes feraient état de concentrations d'uranium atteignant jusqu'à 1 100 parties par million (ppm) dans certains échantillons de cobalt, ainsi que de tentatives techniques visant à réduire cette contamination. Les enquêteurs soutiennent cependant que ces procédés n'auraient jamais été appliqués de manière systématique.

 

CMOC rejette catégoriquement ces allégations. Le groupe affirme que l'ensemble de sa production respecte les normes congolaises et les exigences de ses clients internationaux, grâce à un système de contrôle qualité et de surveillance radiologique. L'entreprise assure également ne mener aucune activité d'extraction ou de séparation d'uranium, que ce soit en RDC ou en Chine, et conteste les méthodes ainsi que les seuils retenus par les auteurs de l'enquête.

 

Les journalistes maintiennent néanmoins leurs conclusions, soulignant que leur travail repose sur des documents internes couvrant plusieurs années, des témoignages de spécialistes et une étude scientifique évaluée par des pairs. Cette publication relance le débat sur le contrôle des sous-produits miniers en RDC et sur le suivi des exportations des minerais stratégiques.

 

Rédaction

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