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Marché du carbone en RDC : l’État veut reprendre le contrôle, mais qui contrôlera les revenus et qui bénéficiera réellement de cette richesse ?

Publié le : 17/08/2026 à 14:21
Environnement

Le marché du carbone en RDC entre dans une nouvelle phase avec la publication au Journal officiel de la loi sur le carbone et des contrats de concessions de conservation. La ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, affiche désormais une ligne claire : l’État veut garder la main sur un secteur qui attire investisseurs, ONG et acteurs internationaux autour de la valeur économique des forêts congolaises.

 

« Nous voulons un marché qui donne le droit à l’État de régenter le secteur », a déclaré la ministre lors d’un échange avec les représentants de la société civile environnementale.

 

La sortie ministérielle intervient après une première série de discussions avec les députés de la commission Environnement et Ressources naturelles. Elle intervient surtout au moment où la RDC cherche à mieux valoriser son potentiel forestier et climatique, dans un marché international où les crédits carbone peuvent représenter des revenus importants.

 

Mais cette ambition soulève déjà une question centrale : qui contrôlera réellement l’argent généré par le carbone congolais et qui bénéficiera de cette richesse ?

 

La publication des textes au Journal officiel constitue une étape juridique importante, mais elle ne règle pas automatiquement les problèmes de gouvernance. La société civile attend notamment des garanties sur la transparence des contrats, le contrôle des projets, la protection des droits des communautés locales et la traçabilité des revenus issus de la conservation.

 

Car derrière les crédits carbone se trouvent des territoires occupés et exploités par des communautés qui dépendent directement des forêts pour leur alimentation, leurs revenus et leurs activités traditionnelles. Toute politique de conservation qui ne prendrait pas suffisamment en compte leurs intérêts pourrait donc provoquer de nouvelles tensions.

 

À l’inverse, le gouvernement entend éviter que les forêts congolaises deviennent un marché où des opérateurs privés ou étrangers négocieraient des droits environnementaux avec une implication insuffisante de l’État.

 

Le véritable bras de fer commence donc maintenant : valoriser les forêts sans abandonner leur contrôle, attirer les investissements sans sacrifier les intérêts nationaux et protéger le climat sans écarter les populations qui vivent dans ces espaces.

 

Pour la ministre Marie Nyange Ndambo, le message est clair : la RDC ne veut plus être seulement un territoire où l’on vient acheter ou négocier du carbone ; elle veut être l’autorité qui fixe les règles du jeu.

 

La mise en œuvre des nouveaux textes sera ainsi scrutée de près. C’est sur le terrain, dans les contrats signés, les revenus perçus et leur redistribution aux communautés et à l’État, que se mesurera la portée réelle de cette réforme.

 

Rédaction

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