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Ituri : à la plaine Savo, 76 000 déplacés pris au piège entre insécurité et famine

Publié le : 12/08/2026 à 08:23
Santé

La situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans le site de déplacés de la plaine Savo, dans le territoire de Djugu, en Ituri. Alors que les violences armées continuent de perturber la vie des populations, des milliers de déplacés peinent à accéder à la nourriture et aux terres agricoles dont ils dépendent pour survivre.

 

Selon les informations rapportées par RFI, la population du site aurait triplé en raison des déplacements provoqués par la dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Bule. Le camp accueille désormais environ 76 000 personnes, selon les données citées des Nations unies.

 

Depuis plusieurs mois, les affrontements dans la région opposent notamment les FARDC, la CODECO et la Convention révolutionnaire populaire (CRP). Ces violences ont poussé de nombreuses familles à abandonner leurs villages pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.

 

Mais à la plaine Savo, la fuite n'a pas mis fin à leurs difficultés.

Les champs se trouvent parfois à proximité du site, mais plusieurs déplacés affirment ne pas pouvoir y accéder librement. Ils disent craindre d'être arrêtés ou attaqués en raison des soupçons qui pèsent sur les populations civiles quant à leurs éventuels liens avec des groupes armés.

Cette situation prive directement les familles de leur principale source de nourriture.

 

« On ne mange qu'une seule fois par jour »

Dans le camp, les conséquences sont particulièrement visibles chez les enfants.

Une mère interrogée par RFI affirme avoir perdu l'un de ses enfants, âgé de cinq ans, dans des circonstances qu'elle attribue au manque de nourriture.

 

« Ici, on n'a pas accès à la nourriture. On ne mange qu'une seule fois par jour, le soir », témoigne-t-elle.

 

Les professionnels de santé présents sur place constatent également une augmentation des cas de malnutrition depuis le début de l'année. Selon un médecin cité par RFI, les difficultés d'accès aux champs constituent l'une des principales causes de cette situation.

 

Des enfants arrivent ainsi dans les structures de santé dans des états de malnutrition préoccupants, tandis que certaines familles ont perdu leurs proches dans les violences ou sont séparées de leurs membres.

 

La situation sécuritaire complique également les déplacements des civils.

Selon les informations rapportées, 23 personnes déplacées auraient été tuées depuis janvier, d'après un décompte attribué à l'ONU. Des témoignages font également état de corps qui n'auraient pas encore été inhumés.

 

Les accusations concernant les violences doivent toutefois être examinées avec prudence. Les FARDC n'ont pas répondu aux sollicitations de RFI concernant certains témoignages rapportés dans la zone, tandis que la CRP nie toute présence de ses combattants dans le camp.

 

La CRP a annoncé un cessez-le-feu unilatéral en mai dernier, et les affrontements auraient depuis diminué dans certaines parties de la région.

 

Cependant, cette accalmie relative ne suffit pas à résoudre la crise humanitaire. Les mouvements de population restent limités et l'accès aux moyens de subsistance demeure difficile.

 

La présence de l'épidémie d'Ebola dans la province ajoute par ailleurs une pression supplémentaire sur une population déjà fortement fragilisée.

 

Le déplacement du gouverneur de l'Ituri, le général Kasongo Mulumba, dans la région de Bule intervient dans ce contexte particulièrement difficile.

 

Pour les populations de la plaine Savo, l'enjeu ne se limite plus à la sécurité. Il concerne également l'accès à la nourriture, aux soins de santé, aux champs et à la protection des civils.

 

La situation de la plaine Savo illustre ainsi les conséquences d'une crise prolongée : lorsque les populations sont contraintes de fuir leurs villages et ne peuvent plus cultiver leurs terres, l'insécurité se transforme rapidement en crise alimentaire et humanitaire.

 

Rédaction

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