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Sénégal : Sonko relance le débat sur les pouvoirs présidentiels, la session parlementaire ravive les tensions avec Diomaye Faye

Publié le : 11/08/2026 à 07:57
Afrique de l’Ouest

L’Assemblée nationale sénégalaise a ouvert lundi 10 août sa première session extraordinaire de l’année avec cinq textes à examiner en quinze jours, dont deux propositions portées par la majorité Pastef et présentées en procédure d’urgence. Derrière ces textes, notamment sur la déclaration de patrimoine du président de la République et le contrôle des « fonds secrets », se profile une nouvelle confrontation politique entre le camp d’Ousmane Sonko et celui du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

 

La majorité Pastef revient notamment sur la modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte prévoit d’étendre l’obligation de déclaration de patrimoine du président de la République à la fin de son mandat, alors qu’elle intervient actuellement à son entrée en fonction.

 

Cette disposition avait déjà été intégrée à une précédente révision constitutionnelle adoptée par les députés fin juin. Le Conseil constitutionnel avait toutefois invalidé cette révision, constituant un revers pour la majorité parlementaire.

 

Le second texte politiquement sensible concerne les crédits spéciaux, souvent désignés comme les « fonds secrets » de la présidence et de la Primature. La proposition vise à renforcer leur encadrement et à introduire notamment un contrôle parlementaire restreint sur leur utilisation.

 

Cette question est devenue l’un des points de désaccord entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Leur relation politique, longtemps présentée comme étroite, s’est progressivement tendue, jusqu’à leur rupture politique évoquée depuis mai.

 

Pour le politologue Moussa Diaw, professeur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, cette initiative parlementaire traduit la volonté de Pastef de renforcer le contrôle exercé sur le pouvoir exécutif et d’amener le chef de l’État à davantage rendre compte de sa gestion.

 

Mais au-delà de cette bataille institutionnelle, les députés doivent également examiner trois textes présentés par le gouvernement : le Code de la sécurité sociale, le Code du travail et une loi consacrée à la sécurité numérique.

 

Ce dernier dossier est particulièrement suivi après plusieurs cyberattaques ayant touché des institutions sénégalaises depuis octobre dernier. Le gouvernement entend ainsi renforcer le cadre juridique destiné à protéger les infrastructures numériques de l'État.

 

La session extraordinaire est limitée à quinze jours, ce qui impose aux députés un calendrier particulièrement serré.

 

Cette séquence parlementaire intervient donc dans un contexte politique sensible. Les textes portant sur les pouvoirs de contrôle du Parlement, la déclaration de patrimoine présidentielle et les crédits spéciaux pourraient alimenter davantage les tensions entre la majorité parlementaire et la présidence.

 

Au-delà des lois examinées, cette session constitue ainsi un nouveau test pour la relation entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, deux figures issues du même camp politique mais désormais engagées dans un rapport de force institutionnel de plus en plus visible.

 

Rédaction

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